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Arras, ville d'histoire et de culture

place des heros arras

Bienvenue sur Arras Ville, le blog de celles et ceux qui aiment Arras et qui prennent le temps de la raconter. Nous sommes une petite rédaction passionnée, installée au cœur du Pas-de-Calais, et nous avons une conviction simple : notre ville mérite qu’on parle d’elle autrement que par les cartes postales. Derrière ses façades baroques et son beffroi doré se cache une cité vivante, gourmande, curieuse, fière de son histoire et pleinement tournée vers l’avenir. Ici, nous partageons ce que nous aimons : les balades sur la Grand-Place au petit matin, les récits enfouis sous la carrière Wellington, les bonnes adresses où déguster une andouillette ou un cornet de frites, les secrets d’un patrimoine classé par l’UNESCO et les mille façons de profiter des Hauts-de-France. Que vous soyez arrageois de toujours, nouvel habitant, étudiant fraîchement débarqué ou simple voyageur en quête d’idées, vous êtes chez vous. Installez-vous, ouvrez grand les yeux, et laissez-vous guider à travers deux mille ans d’histoire et un présent bien plus effervescent qu’on ne l’imagine.

Arras, joyau de l’Artois

Bienvenue à Arras, ville d’art et d’histoire

Arras est la préfecture du Pas-de-Calais, un département qui s’étire des plaines de l’Artois jusqu’aux plages de la mer du Nord, au sein de la grande région des Hauts-de-France. Posée sur les bords de la Scarpe, à mi-chemin entre Lille et Amiens, la ville occupe depuis toujours une position de carrefour, là où les routes de Flandre croisent celles de Picardie et où le crayeux plateau de l’Artois s’incline doucement vers les terres humides du Nord. Avec ses quelque quarante mille habitants, les Arrageois, elle a la taille idéale : assez grande pour offrir une vie culturelle dense, des commerces animés, une université et une gare à grande vitesse, assez humaine pour qu’on s’y sente vite chez soi et qu’on y croise des visages familiers au fil des rues. On tombe amoureux d’Arras dès la première place traversée, quand le regard se perd le long des façades baroques aux frontons ouvragés, ces maisons de brique et de pierre alignées comme une parade sous leurs arcades continues, dont les couleurs varient du sable à l’ocre selon la lumière du ciel changeant du Nord. La ville porte le double label de Ville d’art et d’histoire et cultive un art de vivre où la douceur septentrionale se marie à une élégance venue tout droit du Grand Siècle. Ici, l’histoire n’est pas un décor figé : elle bat encore dans le carillon du beffroi, qui égrène ses airs plusieurs fois par jour au-dessus des toits, dans les ruelles pavées, dans les caves voûtées où l’on dansait autrefois et où l’on festoie aujourd’hui. Arras, c’est une capitale drapière devenue capitale du bien-vivre, une cité meurtrie par les guerres et magnifiquement relevée, une ville qui a su garder son âme tout en s’ouvrant au monde. C’est aussi une ville de caractère, façonnée par le climat tempéré du Nord, par la brique rouge de l’Artois, par le grès de ses pavés et par cette hospitalité un peu bourrue mais profondément sincère qui fait la réputation des gens d’ici, toujours prompts à offrir une bière artisanale ou un conseil d’initié. Autour de son cœur historique, la ville déploie ses faubourgs, ses jardins, ses boulevards plantés et ses bords de Scarpe où l’on aime marcher, courir ou pédaler à la belle saison. On y respire un tempo particulier, ni celui d’une grande métropole essoufflée ni celui d’un village endormi, mais celui d’une cité équilibrée qui prend le temps de vivre sans jamais s’ennuyer. Autour d’elle, la campagne de l’Artois déroule ses grands champs de blé, de betterave et de pomme de terre, ses villages de brique coiffés de clochers et ses fermes à cour carrée, un paysage de plaine ouverte que traversent les convois du TGV filant vers Paris ou Lille. Ville administrative et judiciaire, siège de la préfecture, du conseil départemental et de nombreux services, Arras est aussi un pôle économique actif, tourné vers l’agroalimentaire, la logistique et le tertiaire, qui n’a jamais oublié ses racines marchandes. Longtemps protégée par ses fortifications, elle a peu à peu abattu ses murs pour laisser respirer ses faubourgs, tout en conservant, au détour d’une promenade, les traces émouvantes de son passé militaire. Ce mélange d’ouverture et de mémoire, de terre nourricière et de pierre travaillée, donne à la ville une personnalité immédiatement reconnaissable, à la fois rurale et raffinée, populaire et lettrée. Avant de plonger dans les grandes pages de son histoire et dans les trésors de son patrimoine, laissez-nous vous emmener au fil de nos découvertes. Voici les derniers articles de notre rédaction :

Arras en quelques chiffres+2000ans d’histoire75 mbeffroi classéUNESCO155façades baroques2grandes placesbaroques40 000Arrageois

Deux mille ans d’histoire

L’histoire d’Arras commence bien avant les cathédrales et les beffrois, à l’époque où le puissant peuple gaulois des Atrébates occupait la région et donnait son nom à la future cité. Leur capitale, Nemetacum, aussi appelée Nemetocenna, où Jules César lui-même passa un hiver de la guerre des Gaules, devint sous l’Empire romain un nœud routier prospère, l’une des plus grandes agglomérations du nord de la Gaule, dont les fouilles révèlent encore les fondations, les thermes et les rues sous le quartier de Baudimont. Au fil des siècles, la ville chrétienne se cristallise autour d’une figure tutélaire : saint Vaast, l’évêque qui aurait évangélisé la région au VIe siècle et que la légende montre apprivoisant un ours ; son nom reste attaché à la puissante abbaye Saint-Vaast, longtemps l’un des monastères bénédictins les plus riches et les plus influents du royaume, autour duquel la ville haute s’est développée face à la ville marchande. C’est le Moyen Âge qui offre à Arras son premier âge d’or. Devenue grande cité drapière, la ville prospère grâce au commerce de la laine et surtout de ses somptueuses tapisseries, si renommées à travers l’Europe, jusqu’aux cours d’Angleterre et d’Italie, que le mot « arras » désigna longtemps une tenture murale dans plusieurs langues. Riche, cultivée, dotée de banquiers et de poètes, Arras rayonne alors comme un foyer de littérature et de théâtre, et accueille en 1435 le fameux congrès d’Arras, grande négociation diplomatique entre la France et la Bourgogne. Mais sa prospérité aiguise les convoitises. Passée sous la domination des ducs de Bourgogne puis, par les jeux dynastiques, dans le giron des Habsbourg, la ville connaît la longue période de la souveraineté espagnole, ces Pays-Bas espagnols qui marquent durablement son architecture, sa religion et ses mœurs, et dont l’Union d’Arras de 1579 reste un épisode marquant. Il faut attendre 1640 et un siège mémorable pour que les armées de Louis XIII et de Richelieu arrachent enfin Arras à la couronne d’Espagne ; le traité des Pyrénées de 1659 confirme son rattachement définitif à la France, que les remparts de Vauban viendront bientôt protéger. Cette double appartenance, française par la loi et flamande par les pierres, explique bien des singularités d’Arras : ses façades à volutes héritées du baroque des anciens Pays-Bas, sa dévotion ancienne, ses confréries et ses traditions marchandes. Sous l’Ancien Régime, la cité devient une paisible ville de province, chef-lieu de l’Artois, riche de ses couvents, de son collège et de son abbaye ; on y cultive les lettres et les sciences dans une académie fréquentée par la bonne société locale. C’est aussi à Arras qu’au Moyen Âge s’épanouit un théâtre populaire remarquable, avec des auteurs comme Adam de la Halle, dont le Jeu de la feuillée et le Jeu de Robin et Marion comptent parmi les plus anciennes pièces profanes en langue française, preuve que la cité fut, très tôt, une capitale de la création autant que du négoce. Les grandes familles de banquiers arrageois prêtaient alors aux princes de toute l’Europe, et la ville frappait sa propre monnaie, signe de sa puissance. Le siècle des Lumières verra naître, dans une maison de la ville, l’un de ses enfants les plus célèbres et les plus controversés : Maximilien de Robespierre, avocat arrageois, membre de l’académie locale et amateur de vers avant de devenir l’une des figures centrales et redoutées de la Révolution française. Le XXe siècle, lui, sera tragique. Située à quelques kilomètres du front, Arras est ravagée par la Première Guerre mondiale : bombardée durant quatre longues années, transformée en ville de garnison et de tranchées, elle perd son beffroi, son hôtel de ville et la quasi-totalité de ses places historiques, réduites à l’état de ruines. La Seconde Guerre mondiale, avec l’Occupation et de nouveaux drames, ajoutera ses propres blessures. Mais la ville, obstinée, se relève. La reconstruction patiente de ses façades, pierre à pierre, à l’identique, dans le respect scrupuleux du dessin d’origine, menée pendant les années vingt et trente, reste l’un des plus beaux exemples de renaissance urbaine du pays et le symbole d’une fierté collective qui n’a jamais plié devant l’adversité.

2000 ans d’histoireIer s.Nemetacum, citégauloiseVIIe s.Abbaye Saint-VaastXIIe s.Cité drapièreprospère1640Rattachement à laFrance1914-18Détruite puisreconstruiteAuj.Patrimoine UNESCO

Un patrimoine à couper le souffle

Il suffit de lever les yeux pour comprendre pourquoi Arras figure parmi les plus belles villes du Nord. Son emblème, le beffroi, dresse ses soixante-quinze mètres au-dessus de l’hôtel de ville, couronné d’un lion doré qui veille sur la cité et dont le carillon rythme la journée. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des beffrois de Belgique et de France, ce clocher civique symbolise depuis le Moyen Âge les libertés communales arrachées aux seigneurs ; du haut de sa plateforme, que l’on atteint par quelques marches puis un ascenseur, s’offre un panorama saisissant sur la mosaïque des toits et, par temps clair, sur toute la plaine de l’Artois jusqu’aux terrils du bassin minier. À ses pieds s’étendent les deux joyaux de la ville, la Grand-Place et la Place des Héros, aussi appelée la Petite Place, deux vastes esplanades pavées bordées de cent cinquante-cinq maisons aux façades baroques flamandes reconstruites à l’identique après la Grande Guerre. Sous leurs arcades continues, chaque pignon raconte une histoire, chaque cartouche sculpté rappelle un métier, une enseigne ou une famille de marchands ; l’ensemble forme l’un des plus grands décors architecturaux homogènes d’Europe, saisissant de cohérence et pourtant riche de mille détails. L’hôtel de ville, avec sa façade gothique flamboyant et sa longue galerie, cache dans ses profondeurs les fameuses boves, ce réseau de galeries souterraines creusées dans la craie dès le Xe siècle et devenu tour à tour carrière, cave, entrepôt, refuge des habitants et, pendant la guerre, abri sous les bombes ; on les visite aujourd’hui à la lueur des lampes, dans une atmosphère hors du temps. Un peu à l’écart, la citadelle de Vauban, édifiée à partir de 1668 par le célèbre ingénieur de Louis XIV dans le cadre du « pré carré » défendant la frontière, déploie ses remparts en étoile, ses casemates, sa chapelle et sa vaste place d’armes ; surnommée avec tendresse « la Belle Inutile » parce qu’elle ne connut jamais de siège, elle est elle aussi classée par l’UNESCO parmi les fortifications de Vauban, et abrite le poignant Mur des Fusillés, mémoire des résistants tombés durant la Seconde Guerre mondiale. Au sud de la ville, la mémoire se fait plus grave à la carrière Wellington, ce réseau de tunnels où des mineurs néo-zélandais creusèrent, à partir de 1916, un souterrain colossal de plusieurs kilomètres pour dissimuler près de vingt-quatre mille soldats à la veille de la bataille d’Arras d’avril 1917 ; aujourd’hui musée souterrain bouleversant que l’on découvre vingt mètres sous terre, il rend hommage à ces hommes descendus dans l’obscurité pour préparer l’assaut. Non loin, la place du Théâtre et son théâtre à l’italienne, les hôtels particuliers aux portails sculptés, la maison natale de Robespierre et les nombreuses églises rappellent que le patrimoine d’Arras ne se limite pas à ses deux grandes places, mais irrigue tout le tissu de la vieille ville. Les amateurs de détails s’attarderont sur les girouettes, les enseignes de fer forgé, les masques grimaçants qui ornent les clés de voûte des arcades, ou sur les subtiles variations de teinte entre le grès, la brique et la pierre blanche de l’Artois qui donnent à chaque façade sa nuance propre. Il faut aussi lever la tête vers les toits pentus percés de lucarnes, arpenter les jardins de la Scarpe et deviner, sous le bitume, le tracé des anciens remparts démantelés. La perfection retrouvée de la Grand-Place et de la Place des Héros en fait d’ailleurs un décor de cinéma recherché, où plus d’un tournage a planté ses caméras, tant l’illusion d’un passé intact y est saisissante. Le soir venu, quand les éclairages caressent les pignons et que le beffroi se découpe sur le ciel, la ville prend une allure de théâtre à ciel ouvert que ni la photographie ni le souvenir ne rendent tout à fait justice ; il faut y être, marcher sur les pavés luisants et se laisser envelopper par le silence habité de ces places immenses. Enfin, l’ancienne abbaye Saint-Vaast, chef-d’œuvre de l’architecture classique du XVIIIe siècle avec ses cloîtres monumentaux et sa bibliothèque, abrite désormais le musée des Beaux-Arts, dont les collections de peinture, de sculpture médiévale, de porcelaine et de vestiges gallo-romains dialoguent avec la majestueuse cathédrale néoclassique voisine. De la crypte aux clochers, des caves aux remparts, du souterrain de guerre aux salons de musée, Arras est une ville qui se visite autant en surface qu’en profondeur, et qui réserve à chaque coin de rue une surprise à qui sait regarder.

Arras au fil des saisons

Une ville se juge aussi à la manière dont elle sait faire la fête, et sur ce terrain Arras ne se laisse jamais surprendre. Quand vient l’été, la citadelle se métamorphose pour accueillir le Main Square Festival, l’un des plus grands rendez-vous musicaux du nord de la France, qui attire chaque mois de juillet des dizaines de milliers de festivaliers, jusqu’à plus de cinquante mille par jour, venus applaudir les têtes d’affiche internationales de la pop, du rock et de l’électro dans le décor unique des remparts de Vauban. L’ambiance est électrique, les nuits sont courtes, les terrasses débordent, et la ville entière vibre au rythme des concerts pendant tout un week-end. À peine l’été refermé, place aux plaisirs du terroir avec la fameuse fête de l’andouillette, hommage gourmand orchestré par une confrérie bon enfant à cette spécialité charcutière que les Arrageois défendent avec un mélange d’humour et de gravité, et le non moins réjouissant championnat du monde de la frite, où l’on célèbre sans complexe le totem culinaire du Nord, la pomme de terre dorée à souhait, dans une atmosphère de kermesse joyeuse. Puis l’hiver enveloppe la cité de ses lumières lorsque s’ouvre le marché de Noël, l’un des plus courus de la région : des dizaines de chalets de bois s’installent sur la Place des Héros et autour du beffroi, une grande roue tourne au-dessus des toits illuminés, une patinoire accueille les familles, et l’on déambule un vin chaud à la main entre les senteurs de pain d’épices, de gaufre et de chocolat, tandis que les façades baroques prennent des airs de conte. Le printemps, quant à lui, réveille les jardins et multiplie les rendez-vous en plein air, tandis que les longues soirées d’arrière-saison invitent aux flâneries sous les arcades et aux dîners qui s’éternisent. Les amateurs de culture ne sont pas oubliés : le théâtre, les salles de concert, le cinéma d’art et d’essai et les nombreuses expositions du musée des Beaux-Arts assurent une programmation dense de l’automne au printemps, complétée par des conférences, des festivals littéraires et des rencontres qui font vivre l’esprit autant que les papilles. Toute l’année, enfin, les marchés rythment la vie locale : chaque mercredi et chaque samedi, la Grand-Place se couvre d’étals colorés où producteurs de l’Artois, maraîchers, fromagers, poissonniers et brasseurs proposent le meilleur de la région, dans une tradition marchande ininterrompue qui remonte à l’âge d’or drapier et fait de la place l’un des plus grands marchés de plein air du pays. À ces grands rendez-vous s’ajoutent une foule de braderies, de brocantes, de concerts, de spectacles vivants, d’expositions et de fêtes de quartier qui font d’Arras une ville où il se passe toujours quelque chose, du carnaval du printemps aux illuminations de décembre. Les grandes braderies transforment périodiquement les rues en un immense vide-greniers où l’on chine des heures durant, tandis que les fêtes foraines, les feux d’artifice de l’été et les processions traditionnelles entretiennent le lien entre les générations. Chaque quartier a ses habitudes, ses associations et ses moments de fête, si bien que le calendrier arrageois ne connaît guère de temps mort, et qu’un visiteur de passage tombe presque toujours, par chance, sur une animation, un concert de rue ou un marché de producteurs. Ici, on ne se contente pas de contempler le patrimoine : on le vit, on l’habite, on le célèbre au fil des saisons, dans la bonne humeur, la convivialité et l’appétit qui caractérisent si bien les gens du Nord, pour qui la table et la fête sont des affaires sérieuses.

Bien vivre à Arras

S’il fallait résumer Arras en une formule, on pourrait parler de la qualité de vie à la française, version septentrionale. La ville cultive un équilibre rare entre le dynamisme d’une préfecture et la douceur d’une cité à taille humaine. On y circule facilement, souvent à pied ou à vélo, du beffroi aux boulevards ombragés en passant par les places baroques où l’on s’attable en terrasse dès les premiers rayons, et le réseau de bus dessert commodément les quartiers et les communes voisines. Le centre-ville, piéton et commerçant, aligne boutiques indépendantes, enseignes réputées, librairies et cafés chaleureux, tandis que les halles et les marchés perpétuent le goût du contact direct avec les producteurs. Côté table, Arras est un vrai bonheur pour les amateurs de gastronomie du Nord : on y savoure l’andouillette, la carbonade flamande mijotée à la bière, le welsh gratiné, le maroilles, la tarte au sucre et les incontournables frites, sans oublier la pâtisserie et les nombreuses bières artisanales qui font la fierté des brasseurs de l’Artois, à déguster sur une terrasse de la Grand-Place. Les tables arrageoises vont de la brasserie conviviale à l’estaminet chaleureux, du bistrot de marché au restaurant gastronomique, en passant par les friteries de quartier où le cornet se déguste debout, saupoudré de sel et nappé de sauce, comme un rite immuable. Le dimanche matin, on prolonge le marché par un apéritif entre amis, et les longues tablées familiales, autour d’un potjevleesch ou d’une tarte au maroilles, disent mieux que tout l’attachement du Nord aux plaisirs partagés. C’est une ville qui se prête merveilleusement à la vie de famille, avec ses parcs et ses jardins comme celui des Allées, ses écoles, ses équipements sportifs et culturels, sa piscine, son théâtre, ses médiathèques et un tissu associatif d’une richesse remarquable où chacun trouve sa place. Les étudiants ne sont pas en reste : le pôle universitaire, adossé à l’université d’Artois et à ses grandes écoles, insuffle à la cité une énergie jeune et une vie nocturne animée autour des places et des bars du centre, tout en offrant des formations reconnues à deux pas de chez soi. Le logement, enfin, y demeure bien plus abordable que dans les grandes métropoles, ce qui permet de s’offrir de l’espace et du charme sans se ruiner. La ville sait aussi ménager de vastes respirations vertes, des berges de la Scarpe aménagées pour la promenade aux glacis de la citadelle devenus lieux de balade et de sport, en passant par les squares fleuris qui ponctuent les quartiers. La vie de quartier y garde une chaleur rare : on se connaît chez le boulanger, on discute au marché, on se retrouve à la fête des voisins ou au club sportif du coin, et les commerces de proximité résistent bien mieux qu’ailleurs à l’uniformisation. Cette convivialité, alliée à un coût de la vie mesuré, à des équipements de santé complets et à un sentiment de sécurité appréciable, compose un quotidien apaisé que beaucoup, venus de plus grandes villes, découvrent avec soulagement. Mais l’un des grands atouts d’Arras tient à sa connexion exceptionnelle : grâce au TGV, la ville n’est qu’à cinquante minutes de Paris et à une poignée de minutes de Lille, ce qui séduit un nombre croissant de familles, de télétravailleurs et d’actifs en quête d’un cadre de vie apaisé sans renoncer à la proximité de la capitale et de ses opportunités. Habiter Arras, c’est goûter au meilleur des deux mondes : le charme d’une ville d’histoire, l’animation d’une préfecture vivante, la générosité de la table du Nord, la beauté des paysages alentour et la facilité de rejoindre en un éclair les grandes métropoles. C’est ce cocktail, à la fois patrimonial et profondément accueillant, qui explique pourquoi tant de nouveaux arrivants, une fois installés, ne repartent plus jamais et deviennent à leur tour les plus fervents ambassadeurs de leur ville.

Aux portes des Hauts-de-France

Choisir Arras, c’est aussi s’offrir une porte d’entrée idéale vers les trésors des Hauts-de-France, cette région du nord aux paysages et aux mémoires d’une intensité rare. À une demi-heure à peine, la métropole de Lille déploie son effervescence flamande, son Vieux-Lille aux briques rouges, ses musées de premier plan comme le palais des Beaux-Arts, sa Grand-Place animée et son ambiance étudiante bouillonnante. Tout aussi proche, la ville de Lens s’est réinventée autour du magnifique Louvre-Lens, antenne du célèbre musée parisien posée sur une ancienne fosse minière, où les chefs-d’œuvre se contemplent dans une galerie du Temps lumineuse et gratuite qui a bouleversé le regard porté sur le territoire et attiré les visiteurs du monde entier. Car ce territoire, précisément, porte une histoire singulière : le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, avec ses terrils jumeaux devenus collines vertes, ses corons alignés et ses chevalements dressés vers le ciel, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre de paysage culturel évolutif, témoignage émouvant de trois siècles d’aventure charbonnière, de dureté du travail et de solidarité ouvrière. Vers l’ouest, la Côte d’Opale tend ses immenses plages de sable, ses falaises et ses caps battus par les vents, du cap Blanc-Nez au cap Gris-Nez, d’où l’on aperçoit parfois les côtes anglaises, avec le grand aquarium Nausicaá à Boulogne-sur-Mer et l’élégante station du Touquet à moins d’une heure et demie de route. Au sud, la cité d’Amiens veille sur sa cathédrale, la plus vaste de France, elle aussi classée par l’UNESCO, et sur ses attachants hortillonnages, ces jardins flottants sillonnés de canaux que l’on parcourt en barque. Sans oublier les mémoriaux de la Grande Guerre qui parsèment l’Artois, du saisissant mémorial canadien de Vimy à l’anneau de la Mémoire de Notre-Dame-de-Lorette qui grave dans la pierre les noms de centaines de milliers de soldats de toutes nationalités, lieux de recueillement et de transmission d’une puissance rare. À cela s’ajoutent la cité fortifiée de Montreuil-sur-Mer, les marais de Saint-Omer, les carillons de Douai, la baie de Somme et ses phoques, et les villages flamands aux beffrois pittoresques. Un peu plus loin, mais toujours accessibles pour une échappée d’un jour ou deux, la Belgique voisine et ses villes flamandes, les canaux de Bruges et de Gand, ou encore la douceur des forêts et des châteaux de l’Oise, autour de Chantilly et de Compiègne, élargissent encore l’éventail des escapades possibles. La région se prête merveilleusement au tourisme lent, à pied ou à vélo, le long des chemins de halage, des voies vertes tracées sur d’anciennes lignes de chemin de fer et des sentiers qui grimpent au sommet des terrils pour offrir des panoramas inattendus. Terre de brasseries, de fromages, de gaufres et de marchés, elle comble aussi les gourmands qui aiment goûter, d’un village à l’autre, les spécialités d’un patrimoine culinaire d’une générosité sans pareille. Depuis Arras, tout est à portée de main : une journée à la mer, une escapade culturelle à Lille, une plongée dans la mémoire minière, une randonnée sur les terrils, une descente en barque dans les hortillonnages ou une visite recueillie des champs de bataille. On peut partir le matin flâner sur une plage de la Côte d’Opale, déjeuner d’un plateau de fruits de mer, admirer l’après-midi les collections du Louvre-Lens et rentrer dîner à Arras sans jamais avoir eu le sentiment de courir, tant les distances sont courtes et les routes dégagées. La ville n’est pas seulement une destination en soi ; elle est aussi le camp de base parfait pour explorer une région dont on sous-estime trop souvent la richesse, la diversité et la profondeur d’âme.

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Arras, haut lieu de mémoire de la Grande Guerre

On ne comprend pas vraiment Arras sans mesurer à quel point la Première Guerre mondiale a marqué sa chair et son âme. Pendant plus de quatre ans, la ville se retrouve en première ligne, à quelques kilomètres à peine des tranchées, sous le feu continu de l’artillerie allemande qui réduit ses quartiers en ruines et fait de ses caves des abris pour la population et les soldats. C’est ici, au printemps 1917, que se joue la bataille d’Arras, vaste offensive alliée menée par les troupes britanniques, canadiennes, écossaises, australiennes et néo-zélandaises. Le secret le mieux gardé de cette bataille se cache aujourd’hui sous les pieds des visiteurs : à la carrière Wellington, des tunneliers néo-zélandais, mineurs de métier, prolongèrent et relièrent les anciennes boves médiévales pour creuser un réseau souterrain de plusieurs kilomètres, capable d’abriter près de vingt-quatre mille hommes à l’abri des obus, dotés de l’eau, de l’électricité, de cuisines et même d’un hôpital. Au matin du 9 avril 1917, les soldats surgirent du sol à quelques mètres des lignes ennemies, dans un effet de surprise total. Devenue un émouvant musée souterrain, la carrière fait aujourd’hui descendre le visiteur vingt mètres sous terre pour partager, le temps d’une visite, le quotidien angoissant de ces hommes qui gravèrent sur la craie leurs noms, leurs blagues et leurs prières. Tout autour d’Arras, la campagne de l’Artois s’est constellée de cimetières militaires aux alignements parfaits de stèles blanches, entretenus avec un soin infini par la Commonwealth War Graves Commission ; on y lit les noms de jeunes gens venus des quatre coins de l’Empire britannique et du monde, tombés loin de chez eux. À une poignée de kilomètres se dresse le saisissant mémorial canadien de Vimy, dont les deux pylônes de pierre blanche dominent la crête reprise de haute lutte par les Canadiens en avril 1917 ; le site, avec ses tranchées préservées et ses cratères d’obus figés dans l’herbe, est l’un des lieux de mémoire les plus poignants du front occidental. Non loin, la colline de Notre-Dame-de-Lorette réunit la plus grande nécropole nationale française et l’anneau de la Mémoire, immense ruban de bronze où sont gravés, sans distinction de nationalité ni de camp, les noms de près de six cent mille soldats. Visiter Arras et ses environs, c’est donc aussi accomplir un devoir de mémoire, marcher sur une terre labourée par l’histoire et mesurer, dans le silence des cimetières comme dans la pénombre de la carrière, le prix effroyable payé par toute une génération.

Flâner dans Arras, entre ruelles et terrasses

Il est une manière d’aimer Arras qui ne demande ni billet ni programme : la flânerie, tout simplement, au gré des ruelles et des places. Commencez par la Grand-Place, la plus vaste, au petit matin, quand les pavés luisent encore de rosée et que les premiers cafés sortent leurs chaises sous les arcades ; laissez votre regard courir le long des cent cinquante-cinq façades avant de rejoindre, par une venelle, la plus intime Place des Héros, dominée par la silhouette dentelée de l’hôtel de ville et de son beffroi. Entre les deux, la rue de la Taillerie et les artères commerçantes fourmillent de boutiques, de librairies, de chocolatiers et d’enseignes anciennes, tandis que les jours de marché, le mercredi et le samedi, la ville entière semble se donner rendez-vous autour des étals débordant de légumes de l’Artois, de fromages, de fleurs et de poissons. Poussez plus loin vers la place du Théâtre et son théâtre à l’italienne, glissez-vous dans les cours cachées des hôtels particuliers, puis descendez vers la Basse-Ville, quartier plus populaire et plus paisible né autour de la gare et des anciens faubourgs, où l’on découvre une autre Arras, celle du quotidien, des maisons de brique alignées, des estaminets sans chichis et des placettes tranquilles. Le charme d’Arras tient à cette échelle idéale : tout se fait à pied, chaque coin de rue réserve une surprise, un pignon sculpté, une enseigne de fer forgé, une chapelle discrète ou une perspective inattendue sur le beffroi. Quand vient l’heure de l’apéritif, les terrasses des deux grandes places deviennent le salon à ciel ouvert de la ville : on y refait le monde devant une bière artisanale du cru, on y regarde passer les promeneurs, on y savoure la douceur d’une fin de journée d’été qui s’étire tard sous la lumière dorée du Nord. Au fil des saisons, le décor change mais le plaisir demeure : terrasses ensoleillées et marchés colorés à la belle saison, chalets et vin chaud à Noël, brumes poétiques de l’automne sur la Scarpe. Flâner dans Arras, c’est se laisser porter, sans itinéraire précis, jusqu’à ce que la ville, peu à peu, vous livre ses secrets et vous donne, comme à nous, l’envie irrésistible d’y revenir.

Un blog pour aimer Arras

Vous l’aurez compris, Arras Ville n’est pas un simple guide de plus : c’est une déclaration d’amour à une ville que nous arpentons, interrogeons et racontons avec passion. Notre ligne éditoriale tient en quelques mots : rigueur des faits, plaisir du récit, regard sincère et curiosité sans limites. Nous croyons qu’on aime mieux ce que l’on comprend, et c’est pourquoi nous consacrons autant d’énergie à fouiller les archives et à vérifier une date qu’à dénicher la meilleure adresse pour un déjeuner du dimanche ou le plus beau point de vue sur le beffroi. Pour vous orienter, nous avons organisé nos publications en quatre grandes rubriques complémentaires. La rubrique Histoire plonge dans les deux mille ans de la cité, de Nemetacum aux tapisseries médiévales, de la souveraineté espagnole à Robespierre, des tranchées de 1917 à la reconstruction ; elle est faite pour les curieux qui veulent comprendre ce qui se cache derrière chaque façade, chaque nom de rue et chaque pierre. La rubrique Que faire rassemble nos idées de sorties, de visites et d’événements, du beffroi à la carrière Wellington, du musée des Beaux-Arts au Main Square Festival, du marché de Noël aux balades le long de la Scarpe, pour ne rien manquer de ce qui anime la ville au fil de l’année. La rubrique Vie pratique s’adresse à celles et ceux qui vivent Arras au quotidien ou s’apprêtent à s’y installer : commerces, transports, bonnes tables, écoles, conseils de nouvel habitant, astuces du TGV vers Paris et repères pour se sentir chez soi dès le premier jour. Enfin, la rubrique Hauts-de-France élargit l’horizon vers Lille, le Louvre-Lens, le bassin minier, la Côte d’Opale, Amiens et tous les trésors de la région, pour transformer chaque week-end en aventure. Que vous soyez ici pour un seul article ou pour des heures de lecture, nous espérons vous transmettre un peu de cette flamme qui nous anime et vous donner, à votre tour, l’envie d’arpenter ces places et ces ruelles. Nous écrivons pour les habitants comme pour les visiteurs, pour les amoureux de vieilles pierres comme pour les curieux de bonnes tables, avec le même soin et la même envie de bien faire ; chaque article est nourri de lectures, de rencontres, de marches dans la ville et de conversations avec celles et ceux qui la font vivre au quotidien. Notre plus belle récompense est de vous voir pousser une porte, lever les yeux vers une façade, tenter une recette du Nord ou programmer une escapade grâce à l’une de nos publications. Explorez, partagez, revenez : Arras a tant de choses à vous dire, et nous avons tant de plaisir à vous les raconter. Bienvenue chez nous, bienvenue à Arras.