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Le siège d'Arras de 1640 : comment la ville devint-elle française ?

Le siège d'Arras de 1640 et la conquête par les armées de Louis XIII

En 1640, un siège décisif changea le destin d'Arras : la prise de la ville par les armées du roi de France, au terme du célèbre siège d'Arras de 1640. Ville espagnole depuis plus d'un siècle, Arras fut assiégée et conquise par les troupes de Louis XIII, marquant le début de son rattachement à la France. À cet épisode est attachée une formule fameuse, promettant que les souris mangeraient les chats le jour où les Français prendraient la ville, que la victoire française transforma malicieusement. Comprendre le siège de 1640, c'est saisir un tournant majeur de l'histoire arrageoise, celui où la cité bascula du monde espagnol vers le royaume de France. Retour sur cette conquête, ses enjeux, son déroulement et la légende qui l'accompagne, dans le grand affrontement qui opposait alors la France à l'Espagne.

Arras espagnole, cible du roi de France

Au début du XVIIe siècle, Arras était toujours une ville espagnole, place forte des Pays-Bas du roi d'Espagne, comme elle l'était devenue à la suite des choix du siècle précédent, notamment l'Union d'Arras de 1579. Or la France et l'Espagne étaient alors engagées dans une longue guerre, dans le cadre du grand conflit européen qui ensanglantait le continent. Le puissant ministre du roi de France, le cardinal de Richelieu, avait fait de l'affaiblissement de la puissance espagnole l'un des objectifs majeurs de sa politique. Dans cette guerre, les Pays-Bas espagnols, et donc l'Artois et Arras, constituaient un front important. S'emparer d'Arras, grande place stratégique aux confins du royaume, était un objectif de choix pour la France : la ville commandait une région riche et verrouillait la frontière nord. La conquête d'Arras s'inscrivait ainsi dans la stratégie française de reconquête des territoires du Nord et d'affaiblissement de l'Espagne. Comprendre ce contexte est essentiel : le siège de 1640 ne fut pas un épisode isolé, mais un moment de la grande lutte entre la France et l'Espagne pour la domination de l'Europe. Arras, ville frontière et place espagnole, était une cible naturelle dans cette guerre. Sa prise représenterait un succès considérable pour le roi de France, tant sur le plan militaire que symbolique. C'est dans cet esprit que fut lancée, en 1640, l'expédition destinée à arracher la ville à l'Espagne, dans une opération d'envergure qui allait mobiliser des moyens considérables et retenir l'attention de toute l'Europe.

Le siege d’Arras de 1640, la conquete de la ville par les armees de Louis XIII

Le déroulement du siège

Le siège d'Arras de 1640 fut une vaste opération militaire, à la mesure de l'importance de l'enjeu. Une puissante armée française vint investir la ville durant l'été, entreprenant un siège en règle selon les méthodes de l'époque : encerclement de la place, construction de lignes de circonvallation pour se protéger, bombardements, approches et assauts. Les assiégeants durent aussi se prémunir contre les tentatives de secours espagnoles, car l'Espagne ne pouvait laisser tomber une place aussi importante sans réagir. Le siège fut donc marqué par cette double dimension : réduire la ville assiégée et repousser les armées venues à son secours. Les opérations, longues et difficiles, mobilisèrent des moyens considérables et un grand nombre d'hommes. La ville, bien fortifiée et défendue par sa garnison espagnole, résista, mais la pression française finit par l'emporter. Après des semaines de siège, Arras capitula et passa aux mains du roi de France. Cette victoire, obtenue au prix d'un effort militaire majeur, fut un grand succès pour la France et pour Richelieu. Comprendre le déroulement du siège permet de mesurer l'ampleur de l'entreprise et la difficulté de la conquête. Prendre une grande place forte comme Arras était une opération complexe, qui exigeait organisation, moyens et persévérance. Le siège de 1640 illustre l'art militaire de l'époque, fait de sièges méthodiques et de manœuvres, dans une guerre où la possession des places fortes était décisive. La chute d'Arras marqua une étape importante de la guerre franco-espagnole et ouvrit une nouvelle page de l'histoire de la ville.

RepèreÉlément
1640Siège et prise d'Arras par la France
ContexteLa guerre franco-espagnole, sous Richelieu
EnjeuArracher une grande place espagnole du Nord
La formule« Les souris mangeront les chats »

« Quand les Français prendront Arras »

Au siège de 1640 est attachée une formule restée célèbre, l'une des plus savoureuses de l'histoire d'Arras. Selon la tradition, les Espagnols, confiants dans la solidité de leur place, auraient affiché une devise narquoise : quand les Français prendraient Arras, les souris mangeraient les chats, autrement dit jamais. C'était proclamer l'imprenabilité de la ville avec une belle assurance. Mais l'histoire réserva une réponse pleine d'esprit : après la prise de la ville par les Français, ceux-ci auraient modifié la formule en effaçant une lettre, transformant le verbe pour lui faire dire, non plus quand les Français prendront Arras, mais quand les Français rendront Arras, les souris mangeront les chats. Autrement dit, jamais la France ne rendrait la ville. Cette pirouette linguistique, pleine d'humour et de fierté, entra dans la légende arrageoise. Il convient, en historien, de traiter cette anecdote avec la distance qui s'impose : les formules de ce genre relèvent souvent de la tradition et de l'embellissement, et il est difficile d'en établir l'exactitude historique. Mais qu'elle soit rigoureusement authentique ou en partie légendaire, cette formule dit quelque chose de vrai : la volonté française de garder définitivement Arras, une fois la ville conquise. Elle illustre aussi le goût de l'époque pour les bons mots et les jeux d'esprit. Cette célèbre formule fait aujourd'hui partie du patrimoine immatériel de la ville, un trait d'esprit qui accompagne le souvenir du siège de 1640 et rappelle, sur le mode plaisant, un tournant sérieux de son histoire.

Le siège d’Arras de 16401Arras espagnoleune place du roi d’Espagne21640la conquete par la France3La formulesouris, chats et pirouette

Une ville fortifiée et disputée

Le siège de 1640 rappelle qu'Arras était une place forte majeure, âprement défendue et disputée. La ville, par sa position frontalière et son importance, avait été fortifiée pour résister aux attaques, et sa possession était un enjeu stratégique de premier ordre. Cette vocation militaire d'Arras, place de guerre autant que cité marchande, se prolongea après la conquête française. Pour tenir cette ville nouvellement conquise, exposée aux tentatives de reconquête espagnole, la France entreprit de renforcer ses défenses. C'est dans ce contexte que s'inscrit, un peu plus tard, la construction de la fameuse citadelle, dont témoigne encore la citadelle d'Arras, ouvrage militaire destiné à verrouiller la place et à en assurer le contrôle. Arras devint ainsi une ville de garnison et de fortifications, un verrou de la frontière nord du royaume. Cette dimension militaire est essentielle pour comprendre l'histoire de la ville à cette époque : conquise par les armes, elle devait être défendue par les armes, dans une région qui resta longtemps une zone de guerre entre la France et l'Espagne. Comprendre qu'Arras fut une place forte disputée permet de saisir pourquoi la ville fut l'objet de tant de sièges et d'efforts de fortification. Le siège de 1640 ne fut ni le premier ni le dernier épisode militaire de son histoire, mais il fut décisif, car il fit basculer la ville dans le camp français, ouvrant la voie à son rattachement définitif et à sa transformation en une puissante place forte du royaume de France.

Un tournant vers la France

La prise d'Arras en 1640 marque un tournant décisif dans l'histoire de la ville : le début de son rattachement à la France. Après plus d'un siècle d'appartenance au monde habsbourgeois puis espagnol, hérité de la période où Arras était une cité de Charles Quint, la ville passait sous l'autorité du roi de France. Ce basculement, obtenu par les armes, n'était pas encore définitif : la guerre continuait, et l'Espagne n'avait pas renoncé à reprendre la ville. Il faudrait attendre les traités ultérieurs pour que le rattachement d'Arras à la France soit officiellement et durablement consacré. Mais la conquête de 1640 en fut l'acte fondateur, le moment où la ville changea de camp. Ce tournant eut des conséquences immenses pour Arras : elle quittait le monde des Pays-Bas espagnols, auquel elle avait appartenu pendant des générations, pour entrer dans le royaume de France, dont elle deviendrait une ville à part entière. Comprendre l'importance de ce basculement est essentiel : le siège de 1640 est l'un des grands tournants de l'histoire arrageoise, comparable, par sa portée, aux grands moments qui avaient façonné le destin de la ville. Il ouvre la période française d'Arras, celle qui perdure aujourd'hui. Se souvenir du siège de 1640, c'est donc se rappeler le moment où Arras, ville longtemps flamande, bourguignonne puis espagnole, prit le chemin de la France, dans un tournant obtenu par la force des armes mais promis à un avenir durable, que les décennies suivantes viendraient confirmer.

Richelieu et la guerre franco-espagnole

La prise d'Arras s'inscrit dans la grande politique du cardinal de Richelieu, principal ministre de Louis XIII. Convaincu que la puissance des Habsbourg, qui régnaient à la fois sur l'Espagne et sur l'Empire, menaçait la France en l'encerclant, Richelieu engagea le royaume dans une longue guerre contre l'Espagne, s'inscrivant dans le vaste conflit européen de l'époque. Cette guerre visait à briser l'étau habsbourgeois et à étendre les frontières du royaume, notamment vers le nord. La conquête des places des Pays-Bas espagnols, dont Arras était l'une des plus importantes, était un objectif stratégique majeur de cette politique. En s'emparant d'Arras, la France affaiblissait l'Espagne et avançait ses positions vers une frontière plus sûre. Le siège de 1640 fut ainsi l'un des grands succès de la politique militaire de Richelieu, une victoire éclatante qui renforça le prestige du roi et de son ministre. Comprendre ce cadre est essentiel : la conquête d'Arras n'était pas une opération isolée, mais un maillon d'une stratégie de long terme visant à faire de la France la première puissance européenne. Richelieu, architecte de cette politique, ne vit pas l'achèvement de son œuvre, mais la prise d'Arras en fut une étape décisive. Elle illustre la détermination de la France à repousser l'Espagne et à s'imposer, dans une guerre longue et coûteuse dont l'enjeu était rien de moins que la domination de l'Europe. Arras, place conquise, devint un symbole de cette montée en puissance française, et un jalon sur le chemin qui allait mener, quelques années plus tard, à la paix victorieuse et au rattachement définitif de la ville au royaume.

Une conquête à confirmer

La prise d'Arras en 1640, si éclatante fût-elle, ne mit pas fin à la guerre pour la possession de la ville. L'Espagne, loin de renoncer, chercha à reprendre cette place perdue, et la région resta un théâtre d'affrontements. Arras, désormais française mais exposée, dut être défendue contre les tentatives de reconquête espagnole. Quelques années après le siège, les Espagnols tentèrent d'ailleurs de reprendre la ville, dans un épisode qui allait mettre à l'épreuve la détermination française. La conquête de 1640 devait donc être confirmée, tant sur le champ de bataille que par les traités. Il faudrait attendre la fin de la longue guerre franco-espagnole et la paix qui la conclut pour que le rattachement d'Arras à la France soit officiellement et définitivement reconnu. Cette période d'incertitude, entre la conquête et la confirmation, dura une vingtaine d'années, durant lesquelles Arras demeura une place disputée et un enjeu militaire. Comprendre que la conquête de 1640 ne fut pas immédiatement définitive est essentiel : elle ouvrit une phase de consolidation, marquée par de nouveaux affrontements, avant que la ville ne soit assurément et durablement française. Le siège de 1640 fut l'acte fondateur de ce rattachement, mais son achèvement demanda encore des années d'efforts et de guerres. Cette dimension rappelle que l'histoire des frontières et des villes conquises est rarement simple et immédiate : elle se joue dans la durée, entre les armes et la diplomatie, jusqu'à ce que les traités viennent enfin sceller un sort que les batailles avaient préparé mais non définitivement fixé.

Le siège de 1640 dans la mémoire d'Arras

Le siège de 1640 occupe une place particulière dans la mémoire d'Arras, à la fois comme tournant historique et comme source de la célèbre formule des souris et des chats. Cet épisode, mêlant l'histoire militaire et l'anecdote savoureuse, est l'un des plus connus du passé de la ville. Il rappelle le temps où Arras était une place forte disputée entre les grandes puissances, et le moment où elle bascula dans le camp français. La formule, passée dans le langage et la tradition locale, entretient de façon plaisante le souvenir de cette conquête. Faire connaître le siège de 1640, c'est éclairer un moment décisif de l'histoire arrageoise, celui du passage de l'Espagne à la France, tout en transmettant une anecdote qui fait sourire. Cet épisode illustre aussi la condition d'Arras, ville frontière longtemps ballottée entre les puissances, dont le destin se joua souvent par les armes. Comprendre le siège de 1640, c'est saisir à la fois la grande histoire, celle de la guerre franco-espagnole et du rattachement à la France, et la petite histoire, celle de la formule restée célèbre. Les deux se mêlent dans la mémoire de la ville, faisant de cet épisode un moment marquant et attachant de son passé. Pour les Arrageois comme pour les visiteurs, le souvenir du siège de 1640 et de sa fameuse formule reste vivace, témoignage d'une époque où la ville, place forte convoitée, changea de destin au terme d'un siège dont le récit, entre histoire et légende, continue de charmer et d'instruire ceux qui s'intéressent au riche passé d'Arras.