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Le 33e régiment d'infanterie d'Arras : où Pétain et de Gaulle se sont-ils croisés ?

Le 33e régiment d'infanterie d'Arras, où servirent Pétain et le jeune de Gaulle avant 1914

Avant la Première Guerre mondiale, Arras était une ville de garnison, et son 33e régiment d'infanterie vit passer dans ses rangs deux hommes qui allaient marquer l'histoire de la France : le colonel Philippe Pétain, qui le commandait, et un jeune sous-lieutenant fraîchement sorti de Saint-Cyr, Charles de Gaulle. Le futur maréchal et le futur chef de la France libre se côtoyèrent ainsi à Arras, dans les années précédant la guerre. Cette rencontre, chargée de sens au regard de l'histoire, s'inscrit dans le passé militaire de la ville. Retour sur le 33e régiment d'infanterie d'Arras et sur ces deux destins qui s'y croisèrent.

Arras, ville de garnison

Arras avait, de longue date, une vocation militaire. Ancienne place forte, dotée d'une citadelle et longtemps ceinturée de remparts, la ville accueillait traditionnellement des troupes et jouait un rôle de garnison. Cette présence militaire, héritée de son passé de ville frontière et de place de guerre, marquait la vie de la cité. Les casernes abritaient les régiments, et la population était habituée au voisinage des soldats, aux défilés et à la vie de garnison. Cette vocation remontait à l'époque où Arras, ville frontière du royaume, avait été fortifiée pour assurer la défense, notamment dans le sillage de l'œuvre de Vauban et de la citadelle. Même après la démolition des remparts urbains au XIXᵉ siècle, la ville conserva sa fonction militaire, la citadelle demeurant et les casernes accueillant les troupes. À la veille de la Première Guerre mondiale, Arras était donc une ville de garnison, où stationnaient des unités de l'armée française. Le 33e régiment d'infanterie était l'une de ces unités, ancrée dans la ville et participant à sa vie. Cette présence militaire faisait partie de l'identité d'Arras, ville où l'armée tenait une place importante. La vie de garnison rythmait le quotidien, et les militaires étaient une composante de la population et de la société locales. Comprendre cette vocation de ville de garnison permet de saisir le cadre dans lequel s'inscrivait le 33e régiment d'infanterie. Arras, par son histoire et sa position, était une ville militaire, où la présence de l'armée était ancienne et naturelle. C'est dans ce cadre que le 33e régiment d'infanterie tenait garnison, et c'est là que se croisèrent les destins de deux hommes appelés à jouer un rôle majeur dans l'histoire de la France, dans les années qui précédèrent le déclenchement de la Grande Guerre.

Le 33e régiment d'infanterie

Le 33e régiment d'infanterie était l'une des unités de l'armée française qui tenaient garnison à Arras avant la Première Guerre mondiale. Comme les autres régiments, il était composé de soldats et d'officiers, encadrés selon la hiérarchie militaire, et participait à la vie de la ville de garnison. Le régiment assurait l'instruction des soldats, les exercices et la préparation militaire, dans le contexte d'une France qui, face aux tensions internationales, entretenait une armée nombreuse. À la veille de la guerre, l'armée française se préparait à un éventuel conflit, et les régiments comme le 33e d'infanterie constituaient les unités de base de cette armée. Le 33e régiment d'infanterie d'Arras s'inscrivait dans cette organisation militaire, comme unité d'infanterie destinée à combattre en cas de guerre. Sa présence à Arras faisait de la ville l'une des garnisons de l'armée française, participant au dispositif de défense national. Le régiment, par ses effectifs et ses activités, tenait une place importante dans la vie locale. Ce qui distingue particulièrement le 33e régiment d'infanterie dans l'histoire, c'est qu'il compta parmi ses cadres, dans les années précédant la guerre, deux hommes appelés à un destin exceptionnel : Philippe Pétain, qui le commanda, et Charles de Gaulle, qui y servit comme jeune officier. Cette coïncidence confère au régiment une place particulière dans la mémoire, comme l'unité où se croisèrent ces deux figures. Comprendre ce qu'était le 33e régiment d'infanterie permet de saisir le contexte de cette rencontre. Unité ordinaire de l'armée française tenant garnison à Arras, le régiment devint, par la présence de ces deux hommes, un lieu de mémoire lié à l'histoire de la France, dans les années qui précédèrent la Grande Guerre.

Le 33e regiment d’infanterie d’Arras, ou servirent Petain et le jeune de Gaulle avant 1914

Le colonel Pétain à Arras

Dans les années précédant la Première Guerre mondiale, le colonel Philippe Pétain commandait le 33e régiment d'infanterie à Arras. Officier de carrière, Pétain était alors un militaire expérimenté, à la tête du régiment stationné dans la ville. Il n'était pas encore le personnage que l'histoire retiendrait : ni le vainqueur de Verdun, ni, plus tard, le chef de l'État français sous l'Occupation, dont l'action lui vaudrait d'être condamné à la Libération. À Arras, il était le colonel commandant le 33e régiment d'infanterie, exerçant ses fonctions de chef de corps. Son commandement à Arras s'inscrivait dans une carrière militaire qui allait connaître, avec la Première Guerre mondiale, un tournant décisif. C'est en effet la guerre qui révéla Pétain et le porta au premier plan, notamment lors de la bataille de Verdun. Mais avant cela, à Arras, il était un colonel parmi d'autres, à la tête de son régiment. Son passage à Arras est resté dans la mémoire en raison de ce qu'il devint par la suite et de la présence, sous ses ordres, du jeune de Gaulle. Le commandement de Pétain à Arras est ainsi devenu, rétrospectivement, un épisode significatif, celui où le futur maréchal côtoya le futur chef de la France libre. Il faut se garder de tout anachronisme : à l'époque, Pétain n'était qu'un officier supérieur commandant un régiment, et rien n'annonçait encore les destins contrastés qui seraient les siens et ceux de son jeune subordonné. Comprendre la présence de Pétain à Arras, comme colonel du 33e régiment d'infanterie, permet de situer cet épisode dans le parcours d'un homme dont l'histoire allait être aussi glorieuse dans un premier temps que tragique et controversée par la suite.

Le jeune de Gaulle sous-lieutenant

C'est à Arras, au sein du 33e régiment d'infanterie, que le jeune Charles de Gaulle commença sa carrière militaire. Frais émoulu de l'école militaire de Saint-Cyr, le jeune sous-lieutenant rejoignit le régiment en 1912, servant ainsi sous les ordres du colonel Pétain. Il n'était alors qu'un jeune officier débutant, au début d'une carrière qui allait le mener, bien des années plus tard, à un destin exceptionnel. À Arras, de Gaulle faisait ses premières armes, apprenant le métier militaire et le commandement des hommes. Cette période arrageoise constitue le point de départ de sa carrière, le moment où le futur général et chef de la France libre débuta comme jeune officier d'infanterie. Le choix du 33e régiment d'infanterie, et donc d'Arras, n'était pas anodin : de Gaulle avait souhaité servir sous les ordres de Pétain, dont il admirait alors les qualités militaires. Cette période fut donc formatrice, tant sur le plan professionnel que sur celui des relations avec son chef. Le jeune de Gaulle, à Arras, apprenait son métier et se formait au contact d'un officier expérimenté. Ces débuts arrageois, souvent méconnus, sont pourtant importants dans le parcours de l'homme du 18 juin. Ils rappellent que le futur chef de la France libre fut d'abord un jeune sous-lieutenant, faisant ses premières armes dans une ville de garnison. Comprendre les débuts de de Gaulle à Arras permet de saisir l'origine de sa carrière et le lien qui l'unit à la ville. Arras fut en effet le lieu de ses débuts militaires, comme le rappelle l'histoire des relations entre Charles de Gaulle et Arras, un lien qui marqua le début de son long parcours.

Deux destins croisés à Arras1911Pétain colonel du33e RI1912de Gaullesous-lieutenant1914le régiment part enguerre1940l'appel de DeGaulle

Deux destins qui se croisent

La rencontre de Pétain et de Gaulle au 33e régiment d'infanterie d'Arras est chargée de sens au regard de l'histoire. Ces deux hommes, dont les destins allaient être si contrastés, se côtoyèrent dans cette ville de garnison, l'un comme colonel, l'autre comme jeune sous-lieutenant. À l'époque, une relation de respect et d'estime unissait le jeune officier à son chef, de Gaulle admirant les qualités militaires de Pétain. Cette relation, faite de la déférence du subordonné et de l'attention du supérieur, s'inscrivait dans le cadre de la hiérarchie militaire. Rien, alors, ne laissait présager la divergence radicale qui allait, des décennies plus tard, opposer les deux hommes. Leur rencontre à Arras est ainsi devenue, avec le recul de l'histoire, un épisode d'une portée symbolique considérable. Elle réunit, dans une même unité et une même ville, deux figures majeures de l'histoire de France, dont les chemins allaient d'abord se croiser, puis diverger dramatiquement. Le futur maréchal, héros de la Première Guerre mondiale puis chef de l'État français sous l'Occupation, et le futur général, chef de la France libre et adversaire résolu de la collaboration, débutèrent ainsi côte à côte à Arras. Cette proximité initiale rend d'autant plus frappante la divergence ultérieure. Comprendre cette rencontre permet de saisir la dimension historique de l'épisode arrageois. Le 33e régiment d'infanterie d'Arras fut le lieu où se croisèrent, avant la guerre, deux hommes appelés à incarner, dans les heures les plus sombres de l'histoire de France, des choix opposés. Cette rencontre initiale, dans une ville de garnison, prend tout son sens à la lumière de ce que devinrent ces deux hommes et de l'opposition qui, plus tard, les sépara profondément.

FigureÀ Arras et après
Philippe PétainColonel du 33e RI, puis maréchal et chef de l'État français
Charles de GaulleSous-lieutenant au 33e RI, puis chef de la France libre
Le lienUn jeune officier sous les ordres de son colonel
La suiteDes destins qui divergent radicalement

La veille de la Grande Guerre

Le passage de Pétain et de Gaulle au 33e régiment d'infanterie d'Arras se situait à la veille de la Première Guerre mondiale. En 1914, le déclenchement du conflit allait bouleverser le destin du régiment, de la ville et des deux hommes. Le 33e régiment d'infanterie, comme toutes les unités de l'armée française, fut engagé dans la guerre dès son déclenchement. La mobilisation générale envoya les soldats au combat, et le régiment participa aux opérations militaires. Arras, ville de garnison, se retrouva bientôt au cœur de la guerre, proche du front qui se stabilisa dans la région. La ville allait connaître, durant le conflit, des destructions considérables, devenant l'une des cités martyres de la Grande Guerre. Pour Pétain et de Gaulle, la guerre marqua un tournant décisif. Pétain s'illustra dans le conflit, notamment à Verdun, et connut une ascension qui le porta au sommet de la hiérarchie militaire. De Gaulle, quant à lui, combattit, fut blessé et fait prisonnier, avant de poursuivre une carrière qui le mènerait, lors du conflit suivant, à un destin exceptionnel. La veille de la Grande Guerre, à Arras, fut donc le prélude à des bouleversements majeurs, pour le régiment comme pour les deux hommes. Cette période arrageoise, antérieure à la guerre, apparaît rétrospectivement comme un moment suspendu, avant le basculement dans le conflit. Comprendre le contexte de la veille de la guerre permet de situer l'épisode arrageois dans la chronologie des événements. Le passage de Pétain et de Gaulle à Arras précéda de peu le déclenchement de la Première Guerre mondiale, qui allait transformer leurs destins et celui de la ville, engagée dans l'un des conflits les plus meurtriers de l'histoire.

Des chemins qui divergent

Si Pétain et de Gaulle se côtoyèrent à Arras dans une relation de respect, leurs chemins allaient par la suite diverger radicalement. La Première Guerre mondiale révéla Pétain, qui devint un héros national, notamment comme vainqueur de Verdun, avant d'accéder à la dignité de maréchal de France. De Gaulle poursuivit sa carrière militaire, développant des idées novatrices sur la guerre moderne. Mais c'est lors de la Seconde Guerre mondiale que leurs destins divergèrent de manière décisive et tragique. En 1940, face à la défaite, Pétain, devenu chef de l'État français, choisit l'armistice et la collaboration avec l'Allemagne, une politique qui lui vaudrait d'être condamné à la Libération. De Gaulle, au contraire, refusa la défaite et l'armistice, lança depuis Londres son appel à poursuivre le combat et devint le chef de la France libre et de la Résistance. Ainsi, les deux hommes qui s'étaient côtoyés à Arras se retrouvèrent, des décennies plus tard, dans des camps opposés, incarnant des choix radicalement contraires face à l'épreuve de l'Occupation. Cette divergence, l'une des plus dramatiques de l'histoire de France, oppose l'ancien chef à son ancien subordonné, la collaboration à la Résistance. Le contraste entre la proximité initiale, à Arras, et l'opposition ultérieure, confère à l'épisode arrageois une portée tragique. Comprendre cette divergence permet de mesurer la distance qui sépara finalement ces deux hommes, unis à Arras puis opposés dans les heures les plus sombres. La rencontre du 33e régiment d'infanterie prend ainsi tout son sens à la lumière de cette divergence, rappelant que l'histoire réserve parfois des retournements saisissants, faisant de deux hommes d'abord proches des adversaires irréductibles.

Pétain et de Gaulle au 33e RI1Le régimentLe 33e RI en garnison à Arras avant 19142La rencontrePétain colonel, de Gaulle sous-lieutenant3La divergenceDes destins opposés face à l'Occupation

La mémoire militaire d'Arras

Le souvenir du 33e régiment d'infanterie et du passage de Pétain et de Gaulle s'inscrit dans la mémoire militaire d'Arras. Ville de garnison, la cité conserve la trace de son passé militaire, dont ce régiment et ces deux figures constituent un épisode marquant. Le lien entre de Gaulle et Arras, en particulier, est resté vivace, la ville se souvenant d'avoir accueilli les débuts militaires du futur chef de la France libre. Ce lien s'inscrit dans la mémoire de la ville et fait partie de son patrimoine historique. Arras, qui vit tant de figures et d'événements marquer son histoire, garde ainsi le souvenir de cette rencontre au 33e régiment d'infanterie. La mémoire de cette période invite à réfléchir sur les destins contrastés de Pétain et de Gaulle, dont la ville fut le point de départ commun. Elle rappelle aussi la vocation militaire d'Arras, ville de garnison où stationnaient les troupes. Cette mémoire s'ancre dans les lieux et le patrimoine de la ville, ancienne place forte dont témoigne encore la citadelle d'Arras, symbole de son passé militaire. Se souvenir du 33e régiment d'infanterie et du passage de ces deux hommes, c'est éclairer un épisode significatif de l'histoire d'Arras et de la France. C'est aussi rappeler que la ville, par sa vocation militaire, fut le théâtre de la rencontre de deux figures majeures, avant que l'histoire ne les sépare. La mémoire militaire d'Arras, riche de ce passé de garnison, conserve ainsi le souvenir de cet épisode, qui unit l'histoire locale à la grande histoire nationale. Redécouvrir cette page permet de mieux comprendre le lien entre Arras et ces deux figures, et la place de la ville dans l'histoire militaire de la France, à la veille des grands conflits du XXᵉ siècle.